Tendances & lieux

Ici, je vous partage mes coups de cœur pour des objets, des tendances design et déco, des lieux & des boutiques, des événements, des astuces d'antiquaires... C'est le côté blogging des Bidules de Zoé.

[CONSEILS D'ANTIQUAIRE : QUELQUES TRUCS ET ASTUCES A SAVOIR SUR LES MIROIRS DORES ANCIENS]

J’avoue avoir bien du mal à m’y retrouver au milieu de tous ces miroirs anciens que l’on trouve actuellement sur le marché avec des prix allant du simple au triple et même au-delà. Déjà qu’il n’est pas toujours simple de déterminer le style, je me retrouve souvent face à de nombreuses questions auxquelles j’ai confronté Thierry Champion, antiquaire et doreur pour tenter d’y voir un peu plus clair. Et cela m’a aussi permis de me défaire de nombreuses idées fausses souvent largement répandues. On continu d’en apprendre tous les jours et c’est vraiment chouette.
 
  • Comment distinguer un tain (glace) au mercure d’un tain à l’argent ?
 
C’est très difficile mais ça vient avec le temps et l’expérience. Au départ on peut souvent se tromper. Un tain au mercure présente sur le fond du verre, lorsqu’on le regarde de très près avec de la lumière, comme un scintillement de poussières d’étoiles. Le tain produit un effet pailleté et un merveilleux scintillant. Les tains d’argent ne présentent pas cette caractéristique.
 
Le procédé de fabrication des tains au mercure produit une glace sensible à l’humidité. On verra donc souvent des tâches au bord des pans des glaces anciennes. Toutefois, l’oxydation du miroir n’est pas l’apanage des tains au mercure ! Un tain d’argent peut aussi s’oxyder et présenter des tâches. (Je suis sans voix car on m’avait toujours présenté un miroir en me disant : tâches = glace au mercure. Et bien non !)
 
Néanmoins l’oxydation n’est pas tout à fait la même. Sur un miroir au mercure les oxydations ne sont pas toujours nettes et de couleur plutôt grises, sur une glace au tain d’argent elles sont plus noires. Ce n’est pas simple de faire la différence mais un œil exercé ne s’y trompera pas.
 
Il faut savoir qu’après 1835, il a été interdit de produire des miroirs au mercure du fait de la dangerosité que représentait le processus de fabrication pour les miroitiers. C’est à partir de cette date que les miroirs ont désormais été créés avec un tain en nitrate argent. Ce processus d’argenture a permis la fabrication en masse des miroirs et a rendu leurs prix abordables.
 
  • Un miroir au mercure vaut-il plus cher ?
Le tain au mercure permet de dater le miroir (avant 1835 date après laquelle ce procédé pour fabriquer des miroirs a été interdit) mais en aucun cas de lui conférer une plus grande valeur. Cela dépend du type de miroir et de son état aussi. Il y a des miroirs au tain d’argent produits au XXEME qui peuvent avoir une grande valeur. Donc non miroir au mercure n’est pas forcément synonyme de miroir plus cher.
 
  • Comment s’oxyde le tain d’un miroir ?
Avec l’humidité essentiellement. Beaucoup de gens installaient leurs miroirs au-dessus de la cheminée, l’endroit était parfait. Seulement avec la chaleur, et l’humidité présente dans les conduits, les miroirs se sont dégradées. Ils peuvent être envahis de taches noires sur la surface au fil du temps. Ce phénomène naturel est dû à l’altération du tain.
 
  • Les miroirs biseautés sont-ils forcément anciens ?
Il y a eu des miroirs biseautés au XVIIeme siècle mais ils sont repérables car le biseau est souvent très irrégulier. Les miroirs biseautés ont été à la mode sous Napoléon 3 et c’est un peu resté. Il y a des chances pour que les miroirs biseautés soient donc faits avec une glace en nitrate d’argent car ils sont essentiellement fabriqués à la fin du XIXème siècle.
 
  • C’est quoi ce rouge / ocre qui ressort parfois sous le doré ?
Il s’agit de « l’assiette », une préparation apposée sous la dorure pour permettre à la dorure d’être plus résistante. Si le rouge commence à apparaître sous la dorure c’est que la dorure est un peu partie souvent à cause de nettoyages successifs.
 
  • Comment nettoyer le cadre d’un miroir doré ?
Le secret pour nettoyer la dorure d’un miroir ancien ? L’eau est l’ennemie de l’or. Il suffit de le dépoussiérer avec un petit plumeau au quotidien.
 
  • Comment savoir si un miroir a été repeint ?
Ça se voit assez facilement. Un miroir se distingue par le contraste de parties brillantes (souvent les volumes) et mates (les creux de la sculpture). C’est ce qui donne « vie » au miroir. Les miroirs repeints présentent une certaine uniformité et un manque de relief. Prenez par exemple un miroir repeint avec de la peinture imitation or. Celui-ci finira par se ternir au fil des ans pour prendre un aspect bronze vieilli sans aucun relief, prenez en revanche un miroir doré à la feuille d’or, il traversera les siècles sans perdre de sa brillance… le résultat est incomparable !
 
  • Faut-il obligatoirement qu’un miroir ancien ait un fond panneauté / parquet à l’arrière ?
Normalement un miroir ancien a toujours un parquet au dos. Le parquet protège la glace du miroir des dégradations et des oxydations. Il arrive parfois que le parquet ne soit plus présent. Mais ce n’est pas trop grave. Moi par exemple je les refais. Et parfois ils ne sont pas d’origine pour peu que la glace ait été changée par exemple. En tout cas ce n’est pas un critère à retenir absolument.
 
conseils antiquaire
Visuel Pezenas

[Foire des antiquaires et brocanteurs de Pézenas]

Youpi ! A Pezenas, les antiquaires et brocanteurs font leur grand déballage le dimanche 13 juin. Ça promet de belles rencontres et jolies trouvailles !
 
Pour moi Pezenas symbolise avant tout Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière. Ce monument de la littérature et du théâtre français a séjourné à plusieurs reprises, pendant des périodes plus ou moins longues, dans cette jolie bourgade au coeur du Languedoc où il donnait des représentations. Molière c’est l’enfant chéri de Pézenas. J’ai même lu à plusieurs reprises ce « dicton » : Si Jean Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière est né à Pézenas !
 
En faisant quelques recherches complémentaires, curiosité oblige, je me suis aperçue que la cité avait également été connue pour les foires qui s’y tenaient plusieurs fois par an et qui développaient le commerce et les échanges autour des draps, des petites étoffes, des laines et de cotons. Aujourd’hui, c’est un tout autre type de commerce qui s’épanouit ici. Pezenas est devenue la ville florissante des antiquaires et brocanteurs, des passionnés d’objets anciens et oubliés, des chasseurs de trésors d’antan… En effet, ils sont plus d’une quarantaine de professionnels à s’être installés ici, tant et si bien qu’une rue a même été surnommée la « Route des antiquaires ». En vérité c’est la rue de Verdun. Mais avouez que ça sonne bien « Route des Antiquaires » et ça donne tout de suite hyper envie d’aller faire un tour à Pezenas. On s’imagine en mode road trip et tournée des brocanteurs. Et en vrai c’est carrément cela ! Aujourd’hui des acheteurs du monde entier font le déplacement pour venir y dénicher des trésors et merveilles inestimables.
 
Deux fois par an (le 1er dimanche dernier mai et le deuxième du mois d’octobre, hormis période covid ça coule de source) ABAP Antiquaires et Brocanteurs de Pézenas (Association des Brocanteurs et Antiquaires de Pezenas) organise une grande foire, une sorte de déballage géant ou de grande messe de la brocante un peu partout dans la ville. Amen 🙏
 
En résumé c’est l’événement à ne pas manquer pour tous les chineurs amateurs ou professionnels. Des milliers d’objets sont sortis des boutiques, dépôts ou hangars, et entreposés dans la rue, le tout dans une ambiance festive et conviviale. Aux antiquaires de Pezenas, s’ajoutent également des brocanteurs professionnels venus de toute l’Occitanie. Imaginez un peu le truc ! Prévoyez d’y passer une bonne partie de la journée et apportez un grand panier ou un petit chariot sur roulettes pour faire le plein de trouvailles. Si, si, je pense bien au caddie à roulettes avec lesquelles nos mamies partaient au marché 👵 celui-là même qui serait (dixit ma mère) aujourd’hui très prisé et tendances auprès des parisiennes…
 
Bien sûr il y a toujours ceux qui arrivent à l’aube munis d’une lampe torche pour faire de belles découvertes en avant première mais il y en aura pour tout le monde ! Les objets vont vers celles et ceux vers qui ils doivent aller. Des fois (souvent!) je me dis lorsque je pars chiner et qu’il est déjà 10h du matin (et oui je ne suis pas du tout, mais pas du tout matinale!) : « Si un objet est fait pour toi alors il t’attendra ! » C’est un peu mon mantra.
 
> La prochaine édition de la Foire des antiquités brocante de Pezenas aura lieu le dimanche 13 juin 2021 de 8h à 18h.

[CARTES SCOLAIRES EDITIONS ROSSIGNOL]

Je vous ai parlé il y a quelques temps de mon addiction pour les anciennes cartes scolaires. Je crois que c’est lié à mon enfance car je suis fille d’enseignements et j’ai vécu une dizaine d’années dans une école primaire (dans le logement de fonction qu’occupaient mes parents). Le week-end, je jouais dans la cour de récré avec mes copines, privatisée pour nous, ou dans les couloirs de l’école les jours de mauvais temps. Il faut dire qu’on y a passé des heures infinies. J’explique ainsi cette passion dévorante qui a tendance à envahir les murs de ma maison. J’ai donc décidé (le cœur serré) de me séparer de cette belle carte de la côte Atlantique vs la Côte Méditerranée. J’ai craqué sur ses jolies couleurs un brin vintage. Encadrée sobrement, elle peut constituer un élément de déco hyper tendance et atypique. Elle est estampillée Éditions Rossignol. Saviez-vous que ces éditions ont apporté un bouleversement dans la pédagogie de l’enseignement primaire, au lendemain de la Libération ? C’est dans le petit village de Nalliers, dans la Vienne où André et Madeleine Rossignol enseignent, situé sur les bords de la Gartempe, que naissent en janvier 1946, les Éditions Rossignol. Départ modeste mais réussi. Puis elles s’installent à Montmorillon en 1953. En quelques années, elles prennent de l’ampleur, pour déboucher sur une production éditoriale, prestigieuse. Quel(le) instituteur ou institutrice n’a pas un jour utilisé une de ces fameuses cartes ? Les raisons de ce succès s’expliquent par l’importante faculté créatrice du couple. De 1950 aux années 70, ce sont près de 18 millions d’élèves et plusieurs dizaines de milliers d’enseignants que les images Rossignol vont ravir, former, occuper mais jamais ennuyer… Ça vous rappelle de bons souvenirs ?

[COUP DE PROJECTEUR : LES BARBOTINES, KEZAKO ?]

Lors d’une interview avec l’antiquaire @galeriechristianedanesi (à découvrir bientôt), cette dernière me parle des barbotines, une grande tendance de la fin XIXÈME début XXÈME qui est revenue à la mode à la fin des années 70. C’est pourquoi, si vous êtes nés dans les années 80 comme moi, vous n’avez pas pu passer à côté chez mamie Jeanne ou tati Colette. Kezako ? Jetez un œil aux photos (faites aujourd’hui chez ma grand-mère), vous comprendrez tout de suite de quoi je parle. Et vous avez forcément dans un coin de votre tête l’image de ces assiettes avec des coquilles Saint-Jacques ou ces portes-couteaux en forme de légumes qui donnaient lieu à table en début de repas à des conversations profondes : « J’ai la carotte et toi ? » « Moi le poireau ! », « Qui a le radis cette année ? ».
Pour être honnête les barbotines ce n’est pas franchement ma tasse de thé mais on est pas à l’abri d’un retour en force dans quelques années. Déjà, de grandes enseignes ont remis au goût du jour cette tendance en sortant des collections inspirées du style des barbotines. Attendez d’en savoir un peu plus et vous regarderez différemment la vaisselle de grand-mamie…
La minute histoire : A l’origine, la barbotine est de la pâte d’argile délayée dans de l’eau. Le décor à la barbotine consiste à ajouter des reliefs en barbotine sur une poterie, on appelle « barbotines » les poteries ainsi décorées. Elles ont été très produites entre 1870 et la seconde Guerre mondiale.
Vases, cache-pots, jardinières, portes serviettes ou couteaux, pichets, assiettes à asperges, à coquillages se parent de motifs souvent naturalistes aux couleurs éclatantes, issus de l’Art Nouveau. Les principaux motifs des barbotines sont essentiellement des décors floraux (et des légumes et fruits), animaliers, ou des scènes et personnages drolatiques.
Leur production n’a duré qu’une cinquantaine d’années, mais cette éclosion végétale continue à séduire aujourd’hui. Ces objets d’art populaire du siècle passé (1890 à 1940) souvent amusants, toujours colorés, sont de plus en plus rares. Et donc de plus en plus chers.

[ART DECO OU ART NOUVEAU : S'IL FALLAIT CHOISIR...]

Entre les deux mon cœur balance… Pourtant si distincts, la différence entre Art Nouveau et Art Déco est une question récurrente. Les deux mouvements ont émergé en réaction aux grands événements mondiaux. L’Art Nouveau s’inspire de la révolution industrielle, tandis que l’Art Déco se développe en concomitance avec la première guerre mondiale. Ces deux mouvements ont des styles très emblématiques et facilement reconnaissables que l’on retrouve dans l’architecture, le mobilier, la décoration, et même les bijoux…
Pour la petite anecdote : En France, l’Art nouveau était appelé « style nouille » par ses détracteurs, en raison de ses formes caractéristiques en arabesques, ou encore « style Guimard », à cause des bouches de métro parisiennes réalisées en 1900 par Hector Guimard. Elles symbolisent à elles seules Paris. Vous les avez forcément en tête. Enfin bref, s’il fallait choisir (mais vraiment s’il le faut) alors j’opte pour le style Art Déco avec ses lignes géométriques à la « Gatsby le Magnifique ». J’aime ➕➕

[TOGO OR NOT TOGO]

Non, je ne vais pas vous parler d’un pays africain mais d’un modèle de canapé. Oui, mais pas n’importe lequel ! Le fameux TOGO que les férus de design et amateurs de vintage connaissent bien. Il se trouve que par le plus grand des hasards, plusieurs personnes m’ont parlé cette semaine de leur « passion » pour ce modèle et forcément j’y ai vu un signe. D’ailleurs c’est bien plus qu’un simple canapé, il s’agit d’une pièce iconique ! Si, si employons les grands mots ! Il est hyper stylé avec ses plis caractéristiques et son allure moelleuse. Et on a bien envie de s’y enfoncer pour une longue méditation… si vous voyez ce que je veux dire !
Pour la petite histoire, ce canapé « cultissime, ultra branché et anti conformiste » est né de l’imagination du designer français Michel Ducaroy en 1973. Il paraît que c’est un soir en se brossant les dents que le designer regarda son dentifrice qu’il avait préalablement plié, les bourrelets et la forme lui auraient alors inspiré le canapé Togo… comme quoi l’inspiration peut vous tomber dessus à n’importe quel moment !
Depuis sa création, il est le best seller de la marque Ligne Roset qui en a vendu plus d’un million et demi d’exemplaires. Aujourd’hui les TOGO continuent d’être fabriqués à la main par des artisans dans le Jura qui possèdent le secret de ses fameux plis. Alors, vous aussi vous êtes Togo or not Togo ?

[BAUHAUS : PLUS QUE JAMAIS AU GOÛT DU JOUR]

Tellement stylé d’avoir dans son intérieur un meuble Bauhaus : le fauteuil Barcelona, la chaise Wassily ou encore la chaise Cesca. J’aime le design épuré du mobilier, les lignes minimalistes, les formes géométriques et les tubes métalliques apparents. En plus d’aimer le style,  j’aime la philosophie et la réflexion menée par ce mouvement d’avant-garde du début du XXème siècle.
Je suis sûre que certains modèles vous parlent, on les voit sans les voir, sans faire attention, mais une fois que l’œil est habitué alors il les repère partout. De nombreuses rééditions des modèles cultes sont aujourd’hui proposées à des prix accessibles et les puristes pourront essayer de chiner des modèles plus anciens. Si d’ailleurs vous voulez vous débarrasser d’un meuble Bauhaus, faites moi signe !

[L'ATELIER DE LA DORURE : TEMPLE DU MIROIR ANCIEN !]

Oh miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?! A croire que les miroirs possèdent depuis longtemps des pouvoirs mystérieux… En tout cas ils exercent sur moi un véritable ensorcellement depuis quelques temps : mon obsession est de dénicher un miroir à poser sur un meuble étagère moderne dans mon salon.
Et quand on cherche un miroir ancien ce n’est pas si facile… pourtant ça ne manque pas sur les brocantes et chez les antiquaires : il y en a de toutes les tailles, de toutes les époques, dans tous les styles, avec des dorures et frontons plus ou moins en bon état, et surtout dans des budgets très variables. Mais quand on a un petit budget, ça coince souvent ! Par le plus grand des hasards, j’ai découvert que vivaient au bout de ma rue des antiquaires spécialistes des miroirs anciens : l’atelier de la dorure ! Si si pour de vrai ! Auparavant implantés au cœur des puces de Saint-Ouen, Sabine et Thierry ont fait le choix de s’installer dans le Sud et vendent désormais leurs petits trésors via Internet. En plus d’avoir un stock impressionnant, ils sont très sympathiques et à l’écoute de votre recherche. Pour la petite info ils sont aujourd’hui du côté de Montpellier ce qui permet d’aller voir vos miroirs en vrai si vous êtes dans le coin.
 ➡️ Retrouvez tous leurs miroirs en vente ici : L’atelier de la dorure